Bones, le punk ramassé sur le bord de la route

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Punkage hors-série : Trente ans et un anniversaire

[Ne me demande pas si c'est ok ou si tu peux, demande-moi si j'ai envie ou si je veux.]

J'ai accordé un ukulele, et je l'ai gratté si fort dans le feu de camp que je m'en suis écorché les doigts.
Un punkage d'anniversaire, finalement.

Allez c'est parti j'vais te raconter mon anniv'.

Tout commence le seize mai 1996... Ouais bon on va ptet pas commencer par le début, du coup. (C'était un jeudi.)
L'an dernier, entre deux crises de larmes et de désespoir au moment de mon anniv', comme souvent à cette période, j'me suis dit en fait j'en ai marre. J'en ai marre que mon anniv', qui devrait être un jour de fête, la célébration de ma vie et de mon moi, soit un jour de deuil, source d'angoisse, de tristesse, d'isolement, de fuite.
Sauf que j'ai ma malédiction d'anniversaire : j'ai grandi chez les tj, et les anniversaires, c'est interdit. Parce que dans la bible, y a que deux anniversaires de naissance cités, et les deux finissent en catastrophe voire en meurtre de masse. Si ça c'est pas une preuve... Bref, c'est interdit. Mais moi, enfant, je rêvais de fêter mon anniv', j'étais très attaché à ce jour qui n'avait rien de spécial. Et, forcément, j'en éprouvais une grande culpabilité, parce que c'est interdit d'avoir envie de fêter son anniversaire, d'avoir envie d'avoir un anniversaire. Je suis un monstre de simplement envisager que ce jour comme les autres pourrait être particulier, pourrait être mon anniversaire. Une conséquence "amusante", c'est qu'à force, je finis par oublier ma date de naissance. Au collège, si tu me la demandes, mon cerveau plante plusieurs secondes, cherche la réponse par déduction logique : je suis né en 96, ça je le sais parce que j'ai un an de moins que les autres et qu'iels sont de 95; je suis forcément né en mai parce que c'est le plus joli mois de l'année, il est logique; et si je suis de 95, je suis sûrement du 16, parce que ça va ensemble, c'est logique. J'ai effacé ma date de naissance de mon cerveau pendant de longues années.
Et donc, la malédiction. Eh ben figure-toi que, après m'être tiré de la secte, et avoir fui à l'autre bout du pays, je me suis dit que là, ça y était, j'allais avoir un anniversaire. Un vrai anniversaire, avec une date d'anniversaire comme tout le monde, avec peut-être même une petite célébration avec quelques potes, un gâteau, des bougies et un p'tit cadeau pour marquer le coup. J'y ai droit, pas vrai ? Puisque je ne suis plus tj. Donc, j'ai essayé de fêter mes seize ans. Parce que c'est un joli chiffre, seize, c'est deux fois huit, deux fois le plus beau chiffre du monde. Et puis j'ai plein de raisons de le fêter, comme par exemple, bah, euh, j'ai seize ans et je suis plus chez les tj. Je suis libre, pas vrai ?
[Si tu veux lire le récit de à quel point j'étais libre à l'époque, va voir à la fin. J'ai la flemme que les douleurs du passé soient le sujet de cet article, bien qu'elles soient constitutives de bien des difficultés d'aujourd'hui. Donc on passe direct au récit actuel.]

Bref, j'ai tenté deux anniversaires consécutifs, ce fut un désastre. Du coup, je suis devenu allergique à mon anniversaire. Je me suis dit que c'était ma faute, que j'avais pas le droit d'avoir un anniversaire, encore moins de le fêter. Alors j'ai appris à l'éviter, à le fuir, à disparaître quand il approche, à ne pas en faire un sujet, à ne surtout rien faire pour provoquer une situation qui mènerait à l'existence d'un anniversaire, genre imagine si j'évoque ma date de naissance et qu'on me demande où j'le fête ou j'sais pas.
Et puis, y a eu le punk. Y a eu les punks. Y a eu 2024, où j'ai passé mon anniv' en festival, où j'ai rencontré les Crêtes tu sais bien, où ma famille retrouvée m'a souhaité mon anniv' (donc pas la famille tj ni les gens que j'ai pas envie de fréquenter, non : les gens qui comptent), et 2025 où même si c'était le bordel de plein de côtés avec une décompensation violente et un failli passage en hp, bah quand même le jour de mon anniv' j'me suis réveillé chez ma frangine avec mes neveux qui me souhaitent mon anniv', et j'me suis couché chez mon cousin avec mes petites cousines qui me souhaitent mon anniv', et où le lendemain j'suis parti en concert avec les Crêtes encore, et où la semaine suivante bah j'me suis retrouvé à l'anniv' groupé de ma famille avec les trois anniversaires de mai dont le mien et où j'ai même eu des cadeaux.
La malédiction s'éloignait, mais "artificiellement", genre j'ai pas orga mon anniv', j'ai pas invité des gens à le fêter avec moi, j'ai juste décidé de partir en festival ou squatté l'anniv' des autres.
N'empêche que j'avais encore peur, j'avais encore la sensation de ne pas avoir le droit d'avoir un "vrai" anniversaire à moi. Alors j'ai demandé aux potes de m'orga mes trente ans. Parce que si c'est pas moi qui organise, peut-être la malédiction peut s'éloigner encore, même si c'est un vrai anniversaire à moi. Peut-être on peut inviter des gens que j'aime, pour faire des trucs que j'aime, et peut-être je vais pas mourir. J'ai peur, j'ai si peur, je suis pétri d'agoisse à l'idée que forcément ça va mal se passer, soit y a personne qui va venir, soit les gens vont venir mais pas me calculer, pas bien me traiter ou je sais pas. Du coup je demande à avoir le moins d'infos possible, être impliqué le moins possible dans l'orga, parce que si c'est pas moi qui gère mais des gens qui tiennent à moi et qui me considèrent, peut-être la malédiction ne m'atteindra pas.
Alors forcément, ça va créer des complications, mais c'est le prix à payer pour avoir l'énergie de tanker.
Donc, dès la semaine suivante, je panique et j'en parle aux punks, et à ma famille, bref j'en parle aux gens que je vois. Et après, je panique et je recommence à éviter le sujet. Et après, je panique et je me dis qu'il faut inviter les gens TOUT DE SUITE, mais on a pas les infos parce qu'on sait pas encore où on va pouvoir fêter, ni si on pourra faire pile le week-end du seize. Du coup j'essaie d'inviter des gens mais avec des infos partielles c'est compliqué, du coup c'est le bordel. Et pis les gens à qui j'en parle me disent que je m'y prends vachement tôt, et y en a qui commencent à me dire de les prévenir genre un ou deux mois à l'avance max parce que pour l'instant y z'ont aucune idée de ce qu'iels feront, et bon forcément arrivé deux mois à l'avance y sont plus dispo. Mais ça c'est des soucis de communication : j'ai pas forcément été assez clair sur le fait que je suis pas juste en train de te demander si tu seras dispo pour mon anniv', je t'invite à mon anniv' parce que j'ai envie que tu sois là, donc je te demande de te rendre disponible (tout en sachant que oui y a des gens qui pourront pas, des impératifs qui débouleront à la dernière minute, des gens qui oublieront ou se tromperont de jour, je connais). Et en face, les gens m'ont dit de les prévenir un ou deux mois à l'avance, mais elleux n'ont pas noté mon anniv', n'ont pas vérifié avant de prendre d'autres engagements, etc. Bref, la communication.

Allez on passe à l'anniv'. Parce que c'est sans doute pas utile de t'expliquer en long en large et en travers comment j'ai paniqué toute l'année, à l'idée que soit personne ne vienne, soit ça se passe archi mal. Et pas non plus nécessaire de râler sur le site sncf qui me fait galérer pour rien.
Donc mercredi je pars de chez moi chargé comme un boeuf, avec un total de trois duvets dans mon sac (y en a un que je dois rendre, et deux qui sont pour survivre à la température qu'il va faire dehors pendant qu'on campera), ainsi que des extraits de mes pyro', genre j'ai réussi à finir mon arc-en-ciel de jardin (si tu vois pas c'que c'est, va voir là-bas), j'ai verni mes cadres et mes pseudo nichoirs (ici et ), et bref j'avais tout un stock fragile et au dernier moment j'ai décidé de ne pas prendre les nichoirs parce que vraiment ç'aurait été du suicide (pour eux). J'ai aussi emmené mon carnet à chansons, mais que les chansons de moi, parce que j'avais vraiment pas la place de prendre les autres (c'est manifestement pas tant fait pour être transporté, ces bêtes-là). Bref, j'arrive à choper le bus, à descendre dans le métro (pour une fois qu'un ascenseur marche), à trouver le quai, et me voilà volant vers la première porte qui passe parce que le train part dans moins de cinq minutes. Mais tout va bien j'ai réussi. Pour la descente, comme j'ai défait mon empilement en équilibre, je fous mon sac à fragilités sur mes genoux et mon gros sac sur mes pieds et mes tibias, et roulez jeunesse je file hors du train, roulant au passage sur les lanière de mon sac parce que évidemment j'avais oublié de les empêcher de traîner au sol. La meuf qui m'a proposé de l'aide pour les sacs, bon d'un côté ça m'a stressé parce qu'elle m'a mis la main sur l'épaule depuis derrière moi, mais d'un autre côté il est fort possible voire probable qu'elle ait entendu ma conversation téléphonique où je disais que fallait me réceptionner pour descendre du train parce que avec mes trente-mille sacs (deux) ça allait être galère. Bref, je descends, et je me cale sur le quai pour attendre réception du colis punkien. Histoire de pas trébucher davantage dans mes lanières.
Réception faite, on constate que la gare est partiellement accessible : y a un ascenseur sur une des voies et un dans la gare, mais pour sortir de l'autre côté y a que l'escalier. Eh, c'est pas comme si ça allait m'arrêter, moi comme d'hab les problèmes d'accessibilité je roule dessus (littéralement), donc ni une ni deux je saute sur mes pieds et pousse Roulette dans l'escalier sans sourciller. Et après c'est parti pour les courses, forcément c'est chaotique et on prend n'imp et en trop grande quantité et on oublie des trucs, mais tranquille ça va le faire. Aussi j'arrive inopinément à m'ouvrir un doigt dans mon fauteuil, genre en le sortant de la bagnole jsp j'ai dû me coincer quelque part dessous, bref ça pisse le sang mais j'ai la flemme donc je fixe mon doigt et lui ordonne de se taire, grosso modo, pis je l'essuie sur mon fut' et j'entre dans le magasin avec du sang plein la main (osef/20). J'ai même trouvé des kinder surprise pas kinder, avec des surprises pas top mais rigolotes, je suis satisfait.
Et pis là, on débarque chez punk et sa famille, et je découvre l'endroit où on va festiver, enfin plutôt l'endroit où on va non-festiver et juste dormir, parce qu'il va pleuvoir de manière random, faire froid la nuit, mais également j'ai le dos complètement en compote et je peux manifestement pas me permettre de dormir par terre même avec un bon tapis de sol si je veux enquiller le week-end entier (oui le week-end ça commence le mercredi tu vas faire quoi même). C'est une petite maison toute choupi avec un piano et des lits et une douche et même un évier fermable. Bon forcément je trébuche sur le piano mais t'inquiète. Et après on va voir les chiens ainsi que le lieu des festivités presques estivales (j'en connais un qu'a fréquenté les Crêtes Brûlées et qui se met à parler pareil (comme si ça datait d'elles)) : la FORÊT. Un p'tit bois tout choupi lui aussi, avec des arbres et des plantes et de la boue et une rivière, et un marquage en carton pour indiquer le chemin et éviter que les potes se perdent dans les bois (même si le loup n'y est clairement pas (quoiqu'on puisse sûrement argumenter que le chien... bref)). Et en vrai j'me souviens pas bien mais c'était fun. Après on regarde La Belle Verte, de Coline Serreau (ce film est trop bien et ça m'a toujours fait marrer que la réal et actrice principale s'appelle COLINE genre comme une colline ça colle trop bien au film, bref), et après on fait dodo.
Maintenant on est demain, donc la veille du jour où tout commence, donc l'avant-veille du jour où tout commence trente ans plus tard, bref on est jeudi. Le 14, j'veux dire, pas le 16 d'il y a trente ans, hein. Bref. Et donc des trucs et des machins j'ai oublié, et après punk (pas punk, l'autre) récupère punk (l'autre encore autre) et nous rejoint, nous sommes donc désormais quatre et ça va être hilarant d'appeler tout le monde punk j'm'en balec. Je saute sur punk, qui m'soulève, pis sur punk, qui m'soulève également, puisque je suis comme toujours extrêmement soulevable, et ensuite on se réfugie sous le toit ignifugé (non, mais imperméable ça oui), et euh on mange des trucs et on dit des trucs et on chante des trucs. Y a même punk qu'a ramené son banjo donc on peut punker sur du banjo et du piano et bref. Ah oui et le piano s'appelle René Putin. J'y peux rien, c'est marqué dessus. Allez le dodo des punks.

VENDREDI. Là ça va être le bordel à parti de là. (Parce que jusqu'ici ça ne l'était bien évidemment pas.)
Euh jsp on se réveille à un moment donné et je suppose que punk et moi on commence l'écholocalisation, mais comme on est dans le même lit c'est pas très compliqué de se trouver, et après on papote et on dit des trucs, et punk y fait chier à vouloir mon bien là tssk, genre askip j'ai le droit d'exister et même d'aimer des trucs et des gens et d'avoir un avis et même de dire non et même d'avoir des envies. Non mais j'te jure.
Ne me demande pas si c'est ok ou si tu peux, demande-moi si j'ai envie ou si je veux. Pour que je puisse dire non.
Pis à un moment donné on se verticalise, on fait des trucs, genre on prend le petit-dej et je peux prendre TROIS bols de céréales sans me faire mal au ventre parce que j'ai choisi un ramequin qui fait à peine un tiers de bol et du coup je peux manger. Et après on commence à faire des trucs parce que faut faire des trucs, et pis on retourne dans des magasins parce que voilà sauf que moi j'ai envie d'aller au magasin de jouets c'était prévu donc magajouet avec punk pendant que punk fait des courses de jsp quoi. Je vise direct le rayon peluches, tu me connais, et c'est mon anniv' j'ai trente ans donc je vois pas pourquoi je me priverais. Le magasin se retouva donc amputé de trois pandas (dont un lesté) et un raton laveur. Sont si mignons je meurs. Et pis les playmobil aussi, mais j'ai pas fait de folies (j'ai un peu failli).
Après, direction le concert, parce que même si on a pas réussi à trouver les infos à temps on a pu se débrouiller pour être deux à y aller (merci les coupains <3 !), donc punk nous lâche devant la porte et part faire sa sieste. Là on arrive au passage où mon syndrome de l'impunksteur se fait tabasser en règle : les gens des groupes me reconnaissent avant que je les capte, la moitié du temps. Genre, pas à tous les coups, mais voilà quoi, il se trouve que moi je cherche les gens que je connais en sachant lesquel-les je vais trouver mais sans savoir où ni quand je vais tomber dessus, alors qu'elleux ne me cherchent pas spécialement, et pourtant y en a qui viennent me dire bonjour avant que je les voie. Donc ça veut dire que les gens me reconnaissent même quand c'est pas moi qui viens me planter en face. Et y me sourient, donc ça veut dire y sont content-es de me voir même quand je suis pas au milieu des Crêtes Brûlées. Et y me parlent et on rigole et tout, donc chu un vrai être humain et un punk même quand j'ai pas ma garde rapprochée de punks cool. Du coup bon, à un moment, je vais être forcé de me confronter à la réalité : chu un punk cool, et j'ai le droit. Pis aussi c'est marrant y a punk qu'on croise devant la salle et qui me dit "beh, on est bien loin de la Bretagne" sous-entendu t'es bien loin de chez toi, alors que en vrai j'habite à Lyon c'est justement quand je viens vous voir en Bretagne que je suis loin de chez moi techniquement, bref c'est rigolo. J'veux acheter les cd de Mégadef que j'ai pas encore, au nombre de cinq (ouais z'ont tout sorti d'un coup qu'est-ce que tu veux que j'te dise), j'me dis ça me semble cohérent de mettre cinq euros pas cd, ce qui fait vingt-cinq, et les gars me disent "non mais à ce prix-là, prends un tee-shirt stp", et du coup bah euh j'ai pris un tee-shirt, mais comme j'en portais déjà un j'ai mis le nouveau sur mon panda, ça lui fait un look stylé. Bref je considère que c'est mon cadeau d'anniv' par Mégadef, paf. Après je donne aussi mes pyro' en retard à La Pigñata parce que eh, et pis avec punk on se cale devant la scène et je pose tous mes trucs bien à l'abri du pied de micro du bord de scène, et pis j'commence à tester la nouvelle position de mes roues pour les wheelings, c'est fun.
Maintenant c'est concert. On commence avec Claustinto, archi cool mais c'est de l'électro donc carrément pas mon truc, mais elle est tellement incr que j'avoue je kiffe quand même le moment, même si je fatigue vite (ma résistance à l'électro c'est en moyenne deux minutes, et la tekno ou quoi c'est max trente secondes, à part quand c'est du punk, donc bref c'est déjà un exploit en soi). Y a une bande de meufs qui s'enjaille à l'avant du public, elles sont trop stylées oskour. Et à la fin du set, elles partent en combat de catch sur le sol beaucoup trop dur, je sais pas comment elles arrivent à la moitié du temps être une seule en contact avec le sol et l'autre en lévitation sur la première jsp. Y a aussi des gens qui montent une pignata, vu qu'après c'est La Pigñata qui joue, et ça commence à tabasser le truc à même le sol avec une batte en alu, ça fait un raffut de tous les diables oskour c'est rigolo. En plus y a deux pignatas. Bon bref, après c'est La Pigñata qui monte sur scène justement, avec un super générique pour entrer, et- quoi tu veux que j'te raconte le set ? Mais je peux pas faire ça moi, faut venir aux concerts hein, tu verras c'est trop bien. En plein milieu du set y a une coupure de courant, alors bon la batterie peut continuer à nous enjailler mais pour le reste c'est un peu mort, donc pardon mais on continue l'animation dans le noir, j'crois y a même eu un pogo, dans le noir et avec juste la batterie et les gens qui geulent, j'te jure c'était incr. Le courant finit par revenir, le concert reprend, et comme ça a duré un peu longtemps on a le temps de raser l'élysée pour faire un parking, mais pas de gueuler GRIEGES, quel drame abominable. Et là, la meuf avec qui j'ai dansé me dit je sais plus quoi, et d'un coup l'évidence me frappe : "eh mais attends j'suis pas censé gueuler ce soir moi, je dois chanter demain j'avais oublié !" Bah oui, c'est moi qui assure le concert de mon anniv' normalement, j'ai une moitié de comédie musicale punk sur les airs des cantiques tj de mon enfance à chanter, il me faut de la voix. Oups. J'avais zappé. On enchaîne avec Mégadef, et comment te dire que malgré l'épuisement j'ai pas exactement arrêté de gueuler, mais j'ai un peu fait gaffe quand même, et en plus je tenais à peine debout donc bon je danse mais je m'assieds beaucoup, et je me sens flancher genre il est pas impossible qu'à tout moment je me casse la gueule tellement y a plus aucune force dans mon corps. Faut dire, il comment à être minuit et tout, chu mort. Bref pareil je vais pas te raconter le set, mais Mégadef c'est toujours le feu tu sais bien. Et pis après, on dit au revoir à tout le monde, et on se tire parce qu'on va mourir de dodo. Punk nous ramasse en bagnole pile quand on s'approche du parking, timing impeccable.

SAMEDI ATTENTION C'EST LE 16 MAI DE TRENTE ANS PLUS TARD QUE 96. Soit : mon anniversaire.
On s'lève tôt pasqu'y faut poser punk à la gare. Y commence à y avoir des punks en pagaille à un moment donné, j'me souviens plus très bien. On fait des trucs, y a d'la musique parce que quand tu fous des instruments en vrac dans les mains de punks en vrac ça fait des trucs, et je sais pas comment ni pourquoi ni bien quand mais j'me retrouve avec un ukulele entre les pogne, et là, c'est le drame. Ah ça réveille le punk qui est en moi. J'fais n'imp, je gigote, je grattouille les cordes dans tous les sens. Sache qu'à la fin de la soirée, en allant me coucher, je retrouve mes doigts complètement déglingués, avec même des écorchure et du sang accumulé sous la peau près des ongles, j'ai même cru m'être carrément ouvert les doigts. Bref plein detrucs, y fait froid mais on fait feu, y pleut mais on tente, y rivière fort mais on musique plus fort. Chu content que punk soit là.
Et après. Mais après. TELLEMENT de trucs. Beaucoup moins de monde que prévu (genre, sans compter les familles de punk et punk (donc en comptant uniquement les potes et pas la famille (pcq oui j'ai plusieurs familles d'adoption tu vas faire quoi)), on est huit au prime), plein de trucs annulés / pas faits comme prévu, même des trucs qu'on avait prévu d'éviter, bref quelques ratés, mais bordel l'ensemble il tue.
Clairement je vais pas pouvoir te raconter dans l'ordre, donc on va faire du bordel. c'est ça qu'on aime.
On m'a chanté des chansons, j'ai chanté des chansons, j'ai pleuré à cause de la fumée du feu de camp mais pas que, j'ai eu des câlins, y avait profusion de grignotages en tout genre, on a fait de la soupe, des patates braisées, on a joué aux échecs vikings (taper des bâtons avec des bâtons), on a papoté et câliné et joué, j'ai même eu des cadeaux genre y en a même un qu'était tout emballé de papier cadeau comme un vrai cadeau et dedans c'était un koala en pas-lego et y a même un tournevis avec et donc ptet j'vais pas me défoncer les doigts comme avec les lego, y a aussi mon propre cadeau d'anniversaire de moi à moi (playmobil) parce que j'ai demandé à la vendeuse de faire un paquet cadeau parce que c'est mon anniversaire, y avait aussi des livres et plein de bidules, mais également un magnifique portefeuille tout rouge et noir et EXTRÊMEMENT doux fabriqué par punk (oui oui, j'ai des potes qui fabriquent des portefeuilles, ou des manteaux, sans sourciller), mon fauteuil est officiellement tout-terrain, le feu ça brûle et j'adore ça, je suis désormais amoureux du ukulele, j'ai trente ans mais je fête aussi les seize ans que j'ai jamais eu et mes seize ans de sortie de secte, je suis aimé et chanceux, ouais y a plein de trucs qui craignent mais putain ça vaut le coup quand même, on a éclaté des ballons avec un couteau à pain, nagé dans la rivière un peu fraîche j'avoue, bu du jus de pomme, grillé des trucs, cramé des trucs, mangé des trucs, chanté des trucs, sûrement cassé des trucs mais pas trop (sauf nos corps), on a rigolé à s'en faire mal (épidémie de crises d'enthousiasthme), et puis...
Et puis j'ai chanté. Genre, j'ai chanté deux chansons à moi. Dont une de ma comédie musicale.
Alors oui ok le plan c'était que j'en chante plusieurs, mais j'avais prévenu je suis pas capable de moi faire la place pour, donc faut me réserver un créneau, et vu que ç'a pas été fait bah j'ai juste fait un hold-up entre deux chansons punks et j'ai gueulé mon bordel, sans la mélodie parce que j'en étais plus là.
J'ai aussi chanté Chanson calme et À tous ceux, et Main droite et tout plein de trucs, et j'ai punké comme un punk.
Je sais plus exactement à quel moment j'ai enlevé mes fringues, je sais que les parents étaient couchées, et bref d'un coup j'me suis dit, mais en fait pourquoi j'ai arrêté de me foutre apwal ? (Traduction : apwal = en sous-vêtements, en l'occurrence dans mon cas c'est toujours un calbute, et tounu = bah aucun vêtement, ce que je ne fais jamais en public. C'est important pour la suite.) Sérieusement, pourquoi j'ai arrêté de me foutre apwal ? Pour pas choquer les gens ? Par peur de me faire agresser ? Pour pas qu'on risque de me regarder, de voir jusqu'où j'suis non-binaire ? Parce que ça se fait pas ? Pour pas avoir l'air taré ? Pour pas me faire enfermer ? Parce que j'ai plus l'énergie d'enlever mes fringues et de les balancer à toute heure ? Pour me cacher ? Pour me reposer ? Pour me protéger ? Pour me réparer ? Pour pas dégoûter les gens ? Pour pas redevenir un objet sexuel ? Pour pas qu'on se foute de ma gueule ? Pour pas étaler mes complexes ? Pour pas avoir l'air de ce que je suis ? Parce que j'y croyais plus ? Un peu de tout ça à la fois. Sûrement d'autres trucs, aussi. En résumé : les trauma', la peur, la honte, la fatigue. Alors j'dis pas, dans le lot y avait de bonnes raisons, et j'avais besoin d'une période comme ça, une période à vêtements. J'avais besoin de ce temps des vêtements, comme quand j'étais enfant. Mais ça y est, je grandis pour la deuxième fois, donc mes vêtements peuvent redevenir pétales : décoration et protection par moments, futilité à envoler et bazarder parfois. Amusement, aussi, et communication, bien sûr. Plein de choses, mais rien d'essentiel en permanence. J'ai le droit d'être libre, j'ai le droit d'arracher mes fringues des fois. J'ai le droit d'être libre, j'ai le droit d'être moi. Alors ok, c'est probablement une bonne idée de ne plus faire ça en pleine rue, ou seul parmi des inconnu-es, et je suis pas obligé de me remettre à danser en calbute sur les tables quand j'gay panic. Mais quand j'ai chaud ou quand j'punk trop fort, quand j'veux montrer mes tatouages ou mon omoplate qui s'déboîte, quand tout simplement j'ai envie, c'est permis. Des fois j'préviendrai les gens, surtout celleux qui me connaissent pas, et des fois pas. J'vais pas imposer ma nudité aux gens, et t'façon j'suis jamais tounu devant témoins, mais j'en ai marre d'avoir honte de mon corps, peur de choquer par ma non-binarité visible (t'façon avec des vêtements elle reste visible), peur qu'on me touche et me fasse des choses que de toute façon mon entourage sait qu'il ne faut pas me faire. J'veux dire, mes potes savent très bien que j'adore les câlins mais qu'il faut pas m'attraper pour m'emmener au lit, quoi, et qu'il y a une différence entre me toucher, et me toucher. J'ai arrêté de m'exposer à ce danger, alors c'est pas la peine de m'en protéger en permanence.
Bref, j'ai chanté en calbute dans le feu, et c'était fun au possible. J'suis ravi, et j'apprends à prendre confiance en moi.
Et aussi, j'suis un putain de punk. Ça transpire par tous les pores de ma peau, ça déborde quand je m'y attends pas. Suffit que j'me laisse un peu aller, et ça se voit. (Bon, même quand j'suis figé de retenue, en vrai ça se voit, mais bref.) Et j'adore me lâcher. Et j'ai passé le week-end à me lâcher. J'ai passé le week-end à être moi. Et ça fait un putain de bien.

DIMANCHE.
J'crois qu'à un moment donné on a dû se lever. Dans un état assez peu descriptible. Parce que perso le couchage s'est fait vers deux heures du mat', deux soirs de suite, ce qui est l'équivalent d'environ dix-huit nuits blanches d'affilée (j'me couche à vingt-et-une heures en moyenne t'sais). Bref, je glisse du lit pour dégringoler sur punk, et c'est la verticalisation après le câlinage. Moi c'est ma troisième nuit à nager dans les pandas trop doux. Ou ptet que je retourne me coucher, je sais plus trop. Toujours est-il qu'à un moment donné, je suis debout, et après je suis assis dans la forêt au milieu d'un petit dej violemment varié avec plein de gens. De gens qui mangent, pas qui se font manger (enfin aux dernières nouvelles). Y a les iench aussi. Et pis on papote on papote, et après on s'enroule autour du feu et c'est le moment de déballer les cadeaux. Parce que ouais j't'ai raconté les cadeaux mais pas au bon moment, c'est maintenant que je déballe. Chu content et je pleure ptet un peu, chais plus. Y a le moment du gâteau avec des bougies, pas des bougies d'anniversaire parce qu'on a pas retrouvé les bougies à étincelles qu'on a entamé dans le feu la veille, et bref le gâteau il est bon oskour. Les parents s'en vont parce que, et les potes commencent à ranger. Ah et pis je profite d'avoir toustes les potes autour pour leur montrer le clip de ALLEZ LES BLEUS par LES CRÊTES BRULÉES ainsi que la chanson KAMERA de JOEY GLÜTEN accompagné de LES CRÊTES BRULÉES. Je crois j'ai un peu parlé de LES CRÊTES BRULÉES durant cet anniversaire de moi.
AH ET C'EST LA QU'ON VA SE BAIGNER. Fin après le rangement et tout. Et pis je dis aux punks que La Pigñata avec leur livre d'or de concert bh ça m'a donné envie de faire un livre d'or de moi, donc j'ai décidé d'avoir un livre d'or, mais vu que j'ai pas de cahier sur moi eh bah z'ont qu'à écrire et dessiner sur des bouts de papier et moi j'irai tout coller dans le cahier que je choisirai chez moi (en vrai j'ai déjà choisi mais juste bh je l'ai pas sous la main parce que bon étrangement je me balade pas en permanence avec tout mon appart sur le dos, depuis que j'ai arrêté d'être sdf). Je t'en ai déjà parlé ? Je sais plus. Tant pis. Et les punks m'ont écrit des trucs du coup. Et après y s'en vont alors on s'câline avant la voiture, et après c'est fini l'anniversaire tout le monde est parti y reste que moi et punk, j'pense on fait la sieste ou j'en sais rien, et bref fin de journée pépère dans la p'tite maison toute mignonne, j'suis arraché au possible mais dans l'fond j'me sens bien.

Et voilà, j'pense que c'est la fin du punkage d'anniversaire. Le lendemain, j'ai réussi à choper mon train avec une mini poignée de minutes d'avance et environ quarante sacs en équilibre (genre trois), je sais pas comment j'ai fait mais j'ai géré, et en vrai j'ai tellement bien géré le truc que j'aurais même pu emmener plus de trucs, mais j'ai sans doute quand même bien fait de laisser mon duvet de dehors et de pas prendre toute la bouffe du monde, par contre j'aurais vraiment aimé embarquer le ukulele j'en suis désormais amoureux (et mes doigts s'en souviennent).
J'vais pas dire que je suis guéri, ce serait exagéré, j'vais pas dire que les séquelles ont disparu ce serait faux. Mais j'vais mieux, et j'ai toujours su me relever. Et j'ai une moitié de comédie musicale punk sur les airs des cantiques jéhovistes de mon enfance pour le prouver. Et pour gueuler. Maintenant j'peux gueuler mes propres textes, presque sans avoir peur. Qu'est-ce que tu dis de ça ?

~

(Allez ça part en racontage de trauma, si t'as la flemme passe direct à la fin.)
2012. J'ai plein de raisons de fêter mes seize ans. Je suis libre, pas vrai ?
Sauf que non, bien sûr. J'ai trébuché d'une secte à une relation abusive, en me disant que je le méritais. Que c'était ça, faire partie du monde, et que donc j'avais pas le choix. Donc, mes seize ans, y a bien eu une fête, mais pas pour moi. C'est ce gars qui a tout organisé, il a invité ses ami-es, il a choisi la plupart des paramètres même si j'me souviens pas bien parce que j'ai une certaine dose de black-out sur cette période. Alors parmi ses potes, y en a des cool hein, y en a qu'j'aime bien, c'pas la question, y en a même qui sont probablement aussi mes potes à force, vu que ça fait plus de six mois que je ne fréquente pour ainsi dire que ses potes. Mais je peux creuser autant que je veux, jamais je ne retrouverai le souvenir d'avoir choisi mes invité-es, parce que ce n'est pas arrivé. Il n'a jamais été question de mes invité-es. Les autres ne l'ont jamais su, je pense. Tout le monde a dû trouver normal que le gosse paumé tout juste débarqué n'invite que les potes de son mec, ne soit pote qu'avec des potes de son mec. En même temps, c'est un petit lycée, tout le monde est pote, dans l'idée. Je suppose que personne n'a remarqué que quand j'essayais d'être pote sans lui, j'étais sanctionné. Parce que jamais il ne m'aurait frappé, ni insulté, évidemment, non, c'était bien plus pernicieux. C'était du chantage affectif (ça n'a jamais marché sur moi, ça ne change pas ma façon d'agir, mais l'intention y était), de la manipulation, une façon de m'inciter à culpabiliser quand il n'était pas le centre de mon monde à chaque instant.
Mais bref. Mes seize ans, ç'a été, bah, sûrement une chouette fête, mais j'en ai aucun souvenir. Ou, plus exactement, j'en ai un seul souvenir, qui date de la nuit, et qui me file la gerbe. Comment il a pu me faire ça en public, j'ai même pas envie de savoir. Comment personne n'a capté, ni cette nuit-là, ni aucune autre, je m'en fous. C'est même pas vraiment un souvenir, je sais pas ce qui s'est passé. Enfin, si, justement, je sais. Mais je revois pas l'action, je sais juste. et si on veut, j'ai un autre souvenir, mais c'est pas le mien c'est une photo. Je suis même pas sûr que ça date de mon anniv', mais peu importe. Je sais que tout dans cette photo hurle que je suis son objet, alors qu'il n'apparaît même pas dessus.
Trève de carabistouilles, passons à mes dix-sept ans. Je t'avoue que je m'en souviens davantage, peut-être parce que personne ne m'a... Bref. Ç'a été dramatique quand même, mais d'une toute autre façon. Pour résumer, c'est mon père qui a tout organisé, chez un pote à lui au fin fond de la montagne, avec quelques potes à moi et deux potes à lui (dont celui de la maison, logique). Sur le papier, ç'aurait dû être super. J'ai précisé que je voulais pas d'alcool, enfin je suis presque sûr de l'avoir précisé (ça remonte à dix-huit ans, j'avoue je suis plus certain), mais je m'attendais à ce que les adultes soient bourrés, parce que bon, mon père alcoolo et ses potes alcoolos, normal. Y a quand même un de mes potes qui a trouvé le moyen de ramener six bières (desperados), et de finir bourré avec une seule. Et c'est pas le seul. Pis y sont partis chercher de la liqueur chez une daronne pas loin, enfin "pas loin" montagnement parlant, et bref, y en a bien un qu'était pas bourré, mais pas pour avoir bu moins que les autres, juste il a une résistance flippante à l'alcool. Tout ce beau monde a seize ans, y compris mon mec (pas abusif, contrairement au précédent, mais bah, on était ados et pas très fins quoi), qui se comporte... comme un sac à merde, on va pas se mentir (j'l'aime bien hein, on est encore potes, mais bordel, cet anniv' quoi). En gros, il veut me larguer et j'le sens, mais il prétend le contraire, et me larguera donc une semaine plus tard, parce que ça se fait pas de larguer quelqu'un à son anniversaire, mais du coup il passe la journée à draguer la soeur d'un pote, et la nuit à rêver d'elle (il parle et bouge dans son sommeil, j'ai beaucoup trop de détails).
J'ai eu pour cadeaux du chocolat et du saucisson, que les autres mangèrent sans moi, et j'crois un autre truc mais j'me souviens même pas. Les vieux ont gueulé dans leur bourrage de gueule, les jeunes se sont dispersé-es au point que j'ai dû les empêcher de se faire mal et de se perdre, j'ai couru partout. Avant ça, dans l'aprem, j'étais si mal que j'ai disparu, z'ont mis une heure à capter que j'étais parti, et j'suppose que j'me suis fait engueuler quand iels ont fini par me retrouver roulé en boule dans un fossé. (Ah oui, j'avais bien eu un portable mais là il était cassé, et t'façon ça captait pas, donc bon.) En vrai je pourrais te raconter plein d'autres trucs, mais t'as l'idée : non seulement je n'étais à nouveau pas le sujet de cet anniversaire, mais en plus j'me suis senti vraiment pas respecté, vraiment de trop, vraiment comme une merde. Alors j'pense qu'il y en a dans le lot qu'ont pas spécialement fait de la merde, mais... Bah j'm'en souviens pas. J'me souviens de celleux qu'on a dû aller chercher en forêt au moment du départ, parce qu'iels avaient décidé de partir se perdre alors qu'on venait de leur dire de se préparer à monter en voiture; j'me souviens du trajet où y avait pas assez de place dans la bagnole et donc on part en stop, et j'me retrouve tout seul parce que j'ai oublié un truc et les autres m'attendent pas, me préviennent pas, font leur vie comme si j'étais pas là, comme si je comptais pas. J'me souviens que sur le moment, personne ne s'est rendu compte que je passais un putain de mauvais moment, personne ne s'est rendu compte que quelque chose clochait dans le déroulement. J'me souviens que j'ai jamais reproché aux potes, ni même à mon mec j'crois bien, genre j'ai dû pleurer mais pas lui faire de reproches, et il a dû m'engueuler de encore aller pas bien.

~

Cette année, j'ai trente ans, et j'me sens bien. Cette année, j'ai fêté mon anniversaire, et ça s'est tellement bien passé que ça m'a encore guéri de certaines choses. Cette année, j'ai trente ans, et c'est une bonne nouvelle.
Du coup, j'me suis dit, quand j'aurai une maison à la campagne, je fêterai mon anniversaire des fois. Peut-être tout seul, peut-être avec des gens, on verra bien. Je m'organiserai ma fête en indépendance, pour être autosuffisant et ne pas dépendre émotionnellement (ni matériellement) de la venue de qui que ce soit. Et en même temps, ça m'empêchera pas d'inviter quelques personnes, et que les autres soient bienvenues. Mais je veux plus jamais que l'existence ou l'absence de mon anniversaire dépendent de qui que ce soit d'autre que moi.
Pas impossible que j'redevienne injoignable en mai, mais ce sera par joie, pas par tristesse ni par peur.
Pas impossible non plus que j'me tire en concert pour fêter mon anniversaire.
Et... Clairement pas impossible que j'orga mon propre concert dans mon jardin, pour jouer ma comédie musicale ou tout ce qui me passera par la tête, avec ou sans public. J'adore chanter, j'adore jouer, j'adore monter sur scène quelle que soit la raison, qu'on me voie ou non.
J'ai même le droit d'aimer des gens, j'ai même le droit de leur faire des câlins, de leur dire mon amour, de montrer ce que je pense.
Et j'ai même le droit de dire non.

Bref, ça y est, j'ai atteint l'âge canonique de trente ans. Qui aurait cru ça possible ?
J'ai prévu de rester jeune encore longtemps, mais quand même, c'est déjà un exploit en soi que je sois vivant. Bravo moi. Et merci les potes. Merci le punk.

19-20&24 mai 2026 (pour les faits du 13 au 18).

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